dimecres, 24 de novembre de 2010

La ballade du clandestin

La cathédrale de mes ennuis
Ouvre ses portes le lundi
Quand je regagne le chantier
Où dans la boue ou la poussière
Pour un salaire de misère
Je m’échine toute la semaine
Pour enrichir un négrier
Qui m’a trouvé un sauf-conduit
Je voudrais être transparent
Homme invisible ou pur esprit
Quand se profile sur mon chemin
L’ombre d’un flic ou d’un gendarme
Parce que je suis un clandestin
Un sans-papier un moins que rien

Dans ma mansarde avec mes potes
L’hiver on gèle l’été on bout
Le proprio lui s’enrichit
Et fait son beurre tranquillement
Sur notre dos de clandestins
De sans-papiers de moins que rien

Parce que les miens crevaient la faim
Sur un rafiot qui prenait l’eau
Un beau matin je suis parti
Chercher fortune au paradis
Des libertés où tout sourit
J’étais bien loin d’imaginer
Dans mon Afrique déshéritée
Qu’ici je ne serais jamais
Que le gibier traquer sans cesse
Par la police des vrais Français
Qui dans la tête n’ont qu’une idée
Te renvoyer là d’où tu viens
Venu en douce manger leur pain
Parce que tu n’es qu’un clandestin
Un sans-papiers un moins que rien
Le long des murs je me faufile
Le regard droit t aux aguets
Mon reflet fuit dans les vitrines
Parmi la foule toujours pressée
Tête enfouie dans ses pensées
Et qui ignore le clandestin
Le sans-papiers le moins que rien

Je me fais d’elle un bouclier
Mais si demain je suis prié
De faire preuve d’identité
Il me faudra sans discuter
Faire mes adieux au beau pays
Des droits de l’homme et de l’égalité
De la fraternité et de la liberté
Des feux d’artifice du 14 juillet
Parce que je suis un clandestin
Un sans-papiers un moins que rien

Béatrix THAVE


En Josep P. M'ha enviat aquest magnífic poema, que puc entendre però que no goso traduir per no fer-lo malbé. La seva autora és la mateixa de l'escrit que us vaig posar fa pocs dies: "No portava tiara". A la salut de tota la gent que ha hagut de marxar de casa per guanyar-se la vida o senzillament per poder respirar i que avui conforma allò que en diem classe obrera. Amb o sense papers. I a la salut, també, de tots els "bonistes" que en defensen els drets i els deures en condició d'igualtat amb la resta de ciutadans. Mercè